Il neige...
Quand j'étais gosse et que ma mère venait me réveiller avec ces mots, je sautais du lit pour courir à ma fenêtre et m'y éclater le visage les yeux émerveillés devant le manteau blanc qui couvrait le sol. C'est tout juste si je ne sortait pas dans le jardin en pyjama.
Un rêve de gosse.
Ce matin, les mots n'ont pas sonné pareil dans ma tête.
Il neige...
Les transports vont être ralentit.
Peut-être annulés.
Tu va être à la bourre.
Tu va avoir froid.
Tu va manquer de te viander sur les trottoirs.
Top journée en perspective.
Et puis finalement une fois dehors, l'esprit de gamin a plus ou moins repris le dessus. Mais en plus mature. Plutôt que de m'intéresser aux côtés ludiques de la neige, j'en ai apprécié la simple beauté, le silence qui s'en dégageait comme une savoureuse musique. Pas de véhicule sur les routes. Pas un chat dehors. Pas de musique sur le trajet de la gare. Le seul crissement de mes bottes sur la neige a suffit à me contenter. Puis dans la forêt, le grésillement des flocons sur les branches des arbres.
Puis la gare...
Contraste. Cohue. Gens. Trop de gens. Bruit. Bordel. Chaleur. Trop de chaleur.
Finalement j'y serait bien retourné, dans le confort relatif de ma neige toute froide.
Elle au moins est silencieuse.
Puis l'école...
L'instant, le lieu fatidique d'où vont se dérouler les premières d'une longue série d'heures à rallonge et d'angoisse permanente.
Il pleut.